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Amère

10 Août 2015 , Rédigé par Ptite_externe

Amère

1er jour de stage post-ecn (stage dit de "super-externe" où on est supposé jouer les FFI sans le salaire).

Ca fait plus de 2 mois que l'ECN est passé maintenant. L'euphorie promise n'est toujours pas là, et mon classement en demi-teinte n'arrange rien.

J'attends beaucoup de ce stage - beaucoup trop en fait, bien plus qu'il ne peut me donner ; j'espère apprendre à m'autonomiser, j'espère apprendre suffisamment pour ne pas (trop) galérer en novembre, j'espère voir de la vraie médecine loin des mots-clés des ECN, j'espère être intégrée dans une équipe et considérée comme un membre à part entière.

Je dors mal cette nuit-là et me réveille avant que mon portable ne sonne. Je suis tellement stressée que j'arrive avec 20 minutes d'avance, moi la retardataire chronique.

Bien sûr, personne ne savait que je devais être là mais ça bon on est plusieurs post-D4 qui tournons presque toutes les semaines et je suis la dernière arrivée, autant dire que le contraire m'aurait mise sur le cul.

Le coup d'être propulsée en consultation ça, par contre, je m'y attendais beaucoup moins.

En fait, je suis en consultation d'urgence retour de voyage - c'est à dire qu'on est censé voir des gens de retour d'un séjour dans un pays +/- tropical et qui présentent des symptômes inquiétants (fièvre, évidemment, diarrhées, tout ça) possiblement en rapport avec une pathologie tropicale.

Je dis censé parce qu'en fait c'est surtout une consultation libre où tout le monde peut venir du moment qu'il/elle a un truc vaguement infectieux.

Pour quelqu'un qui n'a plus vu de patients depuis 4 mois (comme moi) et n'a plus touché à la médeine depuis la fin des ECN, c'est un retour vraiment violent.

Dire que la matinée fut difficile est au-deà de l'euphémisme, je me noie dans ma médiocrité, je suis lente parce qu'il faut que me reviennent mes réflexes et pourtant il faut aller vite pour enchaîner les consultations, je galère à mort parce qu'il y a beaucoup de connaissances que je ne possède pas/plus, parce que je découvre au fur et à mesure des consultations le fonctionnement du service, qui est qui, où est rangé quoi, comment sont organisés les dossiers, parce qu'on m'en demande beaucoup mais finalement je suis assez peu autonome.

La chef qui est avec moi est très sympa mais aussi très envahie par son téléphone qui sonne toutes les 30 sec environ (elle gère aussi une des salles d'hospit + les avis extérieurs), donc je suis seule la plupart du temps. Je me demande dans quelle galère je me suis embarquée, et j'ai envie de pleurer.

Ah oui, et en plus il ne faut pas oublier de remplir le questionnaire pour une étude du service (les ARCS c'est surfait et trop cher)

Enfin à 13h45 je peux aller manger, les consultations sont finies, il ne me reste plus qu'à engloutir mon déjeuner pour être à l'heure au staff.

Et puis après ... eh bien après je suis un peu abandonnée, alors je vais voir en salle ce qui se passe, histoire d'avoir l'impression d'appartenir un peu au service ...

Heureusement, les internes sont cool. Je finis par me fixer dans une salle où l'interne est particulièrement débordée et l'aide à faire des entrées. Enfin, quelque chose que je maitrise un peu : faire une belle observation, avoir le temps d'examiner correctement un patient ... et mes 1ers pas avec un logiciel de prescription. En partant je suis presque contente.

Ce sera comme ça tout le reste de la semaine, et probablement toute cette semaine aussi. Le matin consultation, l'après-midi en salle. Le matin larbin qui débrouille l'histoire des patients, l'après-midi boulet inutile qui essaye d'aider en salle.

Quelque chose entre l'externe et l'interne, qui essaye de trouver sa place et n'y arrive pas.

Honnêtement ce stage n'est pas si mal. Le recrutement est très centré sur les tuberculoses résistantes mais ça reste relativement varié, les chefs sont sympas et pédagogues, les internes sont cools et pédagogues.

Mais. C'est déjà dur de trouver sa place en tant que post-D4, parce qu'on est un genre de bâtard entre l'externe et l'interne. C'est encore plus dur lorsqu'on ne passe qu'une moitié de temps dans le service, et qu'on ne peut donc pas suivre correctement ses patients.

J'essaye de me convaincre que ça ne va pas durer, qu'à un moment j'irai en salle et que ça sera mieux ... en attendant gros coup de blues et surtout grosse amertume parce qu ce service, je l'ai vraiment choisi ...

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Merlin 20/12/2015 21:54

Très bon article !
Je suis rentré en D2 cette année, j'avais un peu le même ressenti que ce que tu racontes : je ne trouvais pas facilement ma place à l'hôpital... Les ECN me paraissent tellement loin...

J'espère que tu as réussi à trouver ta place maintenant !

Bonne continuation ! :-)

NéoInterne 29/10/2015 11:44

Salut ! Excellent billet qui retrace la première journée d'un(e) post-D4, nous avons tous vécu la même chose cet été en tant que super-externe.
Bon courage pour l'internat :)